Debout Les Pauvres

Ensemble formons un collectif citoyenneté afin de réagir au sacage du pays mené par une politique qui oublie que la richesse accumulée par des années de travaux, ne peut se faire sans nous, prenons en main notre destin et refusons l'ineluctable.

06 octobre 2010

Retraite : Une Page d'histoire

Chers(es) camarades une petite page d'histoire

Il est bon de savoir d’où l’on vient.

Il est important de savoir ou l'on va

La retraite à 60 ans, tout comme l’ensemble du dispositif de Sécurité Sociale est un héritage de la seconde guerre mondiale. En cette période où une partie du patronat prônait « plutôt Hitler
que le front populaire », résister pouvait rapidement coûter la vie, pour soi comme pour les siens. Guy MOQUET en fut un exemple lui qui, du haut de ses seize ans, appela les générations futures à être dignes des sacrifices des hommes et des femmes qui militaient contre l’occupant pour des lendemains meilleurs.

Une poignée d’hommes - dont des syndicalistes de la CGT et de la CFTC - syndicats interdits par le gouvernement Pétain - participèrent ainsi au Conseil National de la Résistance que présidait encore Jean MOULIN avant son arrestation. Cette poignée d’hommes ont dessiné, dans la plus grande des clandestinités, le paysage social que nous connaissons depuis. Le Programme du CNR dont ils sont les inspirateurs quasi inconnus, a servi de base à l’élaboration de notre Constitution ainsi qu’à une formidable avancée de la législation sociale française, dont nous sommes aujourd’hui encore les héritiers. Voici quelques extraits de ce programme …

Retour à la nation des grands moyens de production, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurance, des grandes banques.

Droit au travail et au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail.

Sécurité de l’emploi, réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement.

Rajustement important des salaires et garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie humaine.

Reconstitution dans ses libertés traditionnelles d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale.

Mise en place d’un plan complet de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec la gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’Etat.

Une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours.

La possibilité effective pour tous les enfants de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une véritable élite, non de naissance mais de mérite.

Ces textes fondateurs furent, durant les décennies suivantes et notamment grace aux luttes de nos anciens, l’objet d’améliorations réelles pour les travailleurs et leur famille... Nous en bénéficions !

...depuis plus de 20 ans et particulièrement aujourd’hui, il en est d’autres qui détruisent méthodiquement ces acquis, qui s’attaquent à cet héritage social :

Organisation volontaire du chômage et démantèlement progressif de l’assurance-chômage.

Politique systématique de privatisation, démantèlement des services publics, ouverture à la concurrence.

Destruction programmée du statut de la fonction publique.

Annualisation du temps de travail, « flexibilité », promotion de la précarité.

Réduction du coût du travail et des cotisations sociales, recours massifs aux délocalisations.

Organisation de l’autonomie des différents niveaux de négociation au détriment du collectif.

Limitation du droit de grève, criminalisation des syndicalistes.

Affaiblissement constant du système de Sécurité Sociale et de sa retraite par répartition, création de formules individuelles et privées d’épargne salariale, fonds de pension, développement des stock-options.

Suppressions de postes d’enseignants, l’école au service des entreprises.

Baisse des crédits de la recherche publique et alignement sur la recherche privée. etc...etc...


Au nom de la « Réforme » inspirée ou dictée par le Medef, les gouvernements rivalisent de projets allant tous dans le même sens, vers une société où l’argent roi laisse très peu de place au social !
A cette lecture, vous pourriez vous dire que ce ne sont là que paroles de syndicalistes CGT, de ringards qui ne savent plus quoi inventer pour justifier de leur stratégie de contestation. Vous pourriez estimer que nos propos ne sont que pâles caricatures, tant il est vrai que personne ne parle jamais du CNR, ni de son programme et encore moins de ses acquis. En cette période où chaque chaine de télé diffuse son propre reportage sur l’histoire des années 40 et sur le Général De Gaulle, ça se saurait tout de même ! Alors, une vue de l’esprit ?

Non, rien de ce que je livre la n’est exagéré, tout est pure vérité. Vous en doutez encore ? Peut-être que l’éminent idéologue en chef du MEDEF apôtre du projet de “refondation sociale parviendra-t-il à vous convaincre …Lire son article, paru dans le journal Challenge fin 2007…

Devant cette attaque sans précédent contre notre modèle de société, dont la remise en cause de notre retraite à 60 ans n’est qu’une étape, à nous toutes et tous d’entrer en résistance contre l’intolérable arrogance de ces nantis et leur programme. A nous désormais de lutter
Bien fraternellement
Raymond Hottin

Posté par deboutpauvres à 10:42 - Retraite - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    De Gaulle faussaire

    Bonjour,

    L’intérêt que vous manifestez pour le Conseil National de la Résistance
    nous conduit à vous signaler le blog :
    http://unmotdejeanmoulin.hautetfort.com

    Il vous donnera l’élément historique essentiel et plutôt stupéfiant qui est
    au cœur de l’ouvrage que nous avons publié en 1995 sur les raisons
    profondes de l’élimination physique de Jean Moulin en 1943.

    Très cordialement,

    Michel J. Cuny - Françoise Petitdemange

    Posté par Michel J. Cuny, 11 avril 2012 à 21:51

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